Ecrire simplement, ce n’est pas si simple
Posted on | mai 23, 2007 | 4 Comments
On en entend parler de plus en plus, surtout dans les milieux institutionnels : j’ai nommé la simplification des contenus. En soi, qui s’opposerait à ce principe ? De là à transformer le principe en recette magique, il y a un pas, et un grand danger.
Des règles telles que limiter ses titres à 5 ou 6 mots, ses accroches à 20 mots et ses phrases à moins de 15 mots, ou encore supprimer les adjectifs et les adverbes, utiliser la voix active, appliquer une syntaxe simple de type sujet-verbe-complément, etc. ne peuvent s’appliquer à tous les contenus.
Dernièrement, j’ai proposé une check-list à télécharger pour vérifier la lisibilité de vos contenus. Il va de soi que cette check-list n’est pas un passe-partout, ni un remède universel. C’est pourquoi j’ai veillé à ne pas y intégrer ce genre de contraintes recommandations abstraites, voire absurdes.
L’utilisateur et le contexte
L’utilisateur et le contexte sont les deux éléments qui détermineront toujours votre contenu Web (je fais référence ici au contenu textuel, s’entend). Quand vous récoltez, organisez, élaborez, rédigez et intégrez votre contenu, c’est toujours à l’aune des exigences imposées par ces deux déterminants, l’utilisateur et le contexte.
Information et navigation
C’est l’autre dichotomie, directement liée à la précédente : on distingue deux types de contenus Web. A savoir le contenu informatif et le contenu navigationnel. Le rôle de ces deux types de contenu est fort différent, et partant, les règles d’écriture qui les concernent le sont tout autant.
C’est toujours en fonction de l’utilisateur et du contexte (des pages de notre site Web) que nous devons élaborer notre contenu. En fonction de nos utilisateurs, pour ce qui est du niveau de langue, du jargon, de la longueur des textes, de leur complexité, etc. Et en fonction du contexte pour ce qui est des titres, des liens, des labels de navigation etc. C’est pourquoi j’utilise souvent le terme « localisation » pour le contenu navigationnel.
Quelques billets précédents à ce sujet:
- Sur le micro- et le macro-contenu
- Les 7 péchés du contenu Web
- Nos billets « Ecrire (pour le Web) c’est »
- Ce qui se conçoit clairement, se dit simplement
- Sur la localisation du contenu Web
et deux liens extérieurs
Comments
4 Responses to “Ecrire simplement, ce n’est pas si simple”
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juin 13th, 2007 @ 9:08
Voilà un site intéressant, et complémentaire de ma démarche en techniques d’écriture. Bravo pour la démarche !
Au plaisir de consulter tes écrits.
février 6th, 2008 @ 18:35
En passant…
http://www.pickthebrain.com/blog/george-orwells-5-rules-for-effective-writing/
février 7th, 2010 @ 19:16
Tout çà est très intéressant mais pose une question éthique.
A force de toujours simplifier, ne risque-t’on pas de faire du web un équivalent du MacDo, de transformer la culture sur internet en mal-culture, comme la restauration rapide transforme la nourriture en mal-bouffe?
Il y a une part d’infantilisation du public. A trop vouloir le satisfaire on le rend idiot.
Les sites web se transforment aujourd’hui en sites playskool, avec des gros boutons partout.
Voilà, juste une reflexion personnelle sur ce thème que vous abordez sur votre blog.
février 7th, 2010 @ 23:32
Bonjour Risoul,
votre commentaire est d’autant plus intéressant qu’il dénonce un risque parfaitement présent, parfois. Mais le contraire est tout aussi fréquent: le jargon, le manque de pertinence des contenus ou d’adaptation aux audiences. Si vous pratiquez l’anglais, je vous invite vraiment à visiter le site plainlanguage mis en lien dans l’article. C’est une initiative institutionnelle qui démontre tout le bien fondé de cette croisade pour la simplicité. Enfin, simplicité ne veut pas dire stupidité ou nivellement vers le bas. Ce n’est pas parce qu’on explique clairement et simplement les choses à ses lecteurs, qu’on galvaude la langue et qu’on régresse.