10 réponses

  1. Olivier Lefèvre
    12 mars 2010

    Le couple « expérience / objectifs » me semble absolument fusionnel, mais effectivement profondément inégalitaire. Il y a un maitre et un esclave. Tout ce qui relève de l’expérience est (doit/devrait être?) au service de l’objectif.

    Et ceci d’autant plus que la nouvelle donne des réseaux sociaux rebat les cartes : une large part de l’expérience est désormais structurellement contraintes par les plateformes (le producteur d’information n’a pas le contrôle de la meta-structure facebook)
    et doit donc désormais emprunter un « parcours utilisateur » contraint pour atteindre ses objectifs.

    Si la communication était du patinage artistique, le changement de paradigme du jour serait : la prise de pouvoir de la ‘figure imposée’ sur le ‘programme libre…

  2. Sylvain
    12 mars 2010

    L’erreur consiste plus à mon sens de considérer que le respect des objectifs est distincts de l’expérience utilisateur.

    L’expérience couvre pour moi plusieurs aspects:
    – l’utilisateur peut faire se qu’il attend de l’outil
    – à défaut d’être ‘fun’ l’outil est au moins agréable à utiliser
    – en aucun cas, l’outil doit se mettre ‘en travers’ de l’utilisateur, sauf s’il le souhaite.

    L’expérience ne doit pas se cantonner au seul aspect visuel des IHM.

    Un petit exemple: brancher un portable sur un TV.

    – Sur Mac: l’écran est reconnu et affiche un double du bureau. Je peux changer mes réglages via les préférences ou le clavier pour basculer entre miroir et extension.
    – Sur Vista: l’écran est reconnu, une assistant se lance me demandant comment utiliser l’affichage.

    Pour moi l’expérience Mac est ‘meilleure’ dans le sens ou mon besoin (voir sur ma TV) est satisfait ET la machine ne m’ennuie pas avec des questions que je peux me poser seul.

    En revanche si le besoin est bien satisfait dans Vista, je suis bien plus frustré car je doit passer par une étape intermédiaire dont je me passe.

    Et je ne parle pas de la bascule entre sortie HP/casque et sortie optique pour le son…

  3. Aurélie Valtat
    12 mars 2010

    Merci Muriel de partager cet article effectivement stimulant.

    Même si je partage la distinction qu’il fait et le primat qu’il met sur la satisfaction des besoins devant l’expérience utilisateur, je ne suis pas d’accord sur la conclusion.

    Dans mon travail, sur les projets web auxquels j’ai participé, je veille toujours à assurer que le fil conducteur du travail des équipes web reste la satisfaction de l’utilisateur. L’expérience utilisateur n’est alors plus qu’un outil qui permet d’imaginer les interfaces et les fonctionnalités qui donnent le plus de satisfaction à l’utilisateur.

    Une expérience utilisateur réussie peut et devrait à mon sens en effet faire partie des besoins à satisfaire. Pour reprendre l’exemple de Sylvain, la solution de Vista n’est donc pas satisfaisante, malgré que le besoin primaire soit couvert, puisque l’utilisateur sent bien que l’on aurait pu faire plus rapide et plus simple encore.

  4. Grokon
    14 mars 2010

    Le besoin doit être comblé. Point Final!

    L’expérience utilisateur n’est que de la valeur ajoutée. Cependant une fois le besoin comblé c’est cette dernière qui dictera le choix entre une solution A versus une solution B (à des coût similaire) ou le surcoût d’une solution.

    Si la seule solution qui répond à un besoin a une interface de merde, elle sera utilisée. L’expérience utilisateur sera considérée que si il y a concurrence de solution..

  5. Muriel Vandermeulen
    15 mars 2010

    Merci à tous pour vos retours.

    Ce que je constate souvent dans les tests utilisateurs que j’organise : vous donnez des scénarios aux utilisateurs testés, qu’ils ne peuvent pas effectuer avec succès (et ce n’est absolument pas leur faute, comme je dois souvent le rappeler au client). Les utilisateurs ne parviennent pas à trouver l’info qu’on leur demande de chercher, ni à remplir la tâche qu’ils sont censés (s’ils en croient les contenus de la page testée) pouvoir remplir. Pourtant, au final, lorsque vous leur demandez : « que pensez-vous de votre visite sur ce site Web? Comment trouvez-vous son organisation ? Vous semble-t-il facile de naviguer dans les pages? », ils ont tendance à dire oui. Comme si, dans leur évaluation, leur expérience (affective, émotionnelle) l’emportait sur la réalisation de leurs objectifs (qui, dans le cas des tests, je vous l’accorde, leur sont « imposés »).

    Et comme je le dis dans mon billet : je rassemble moi-même mes articles sur la réalisation des objectifs et sur l’expérience utilisateur. Donc, l’un ne va certainement pas sans l’autre. Mais la seconde serait, raisonnablement, de facto remplie si les objectifs sont atteints. Tel est je crois le principal message que je me permettrais de m’approprierais de cet article de Simon Hill.

  6. Raphaël Y.
    23 mars 2010

    C’est intéressant cette approche, je pense que ça rejoint les réflexions de Donald A. Norman (si je ne me trompe pas) qui initialement parlait de la conception centrée sur l’utilisateur et qui maintenant parle de conception centrée sur l’activité.

    On se recentre sur qui doit être fait, sans pour autant négliger le contexte.

  7. Muriel Vandermeulen
    29 mars 2010

    @ Raphaël : oui, Norman aussi table son système sur une approche centrée utilisateur. J’apprécie chez lui la manière dont il met en avant le principe d’affordance: le fonctionnement de l’objet doit toujours être visible par l’utilisateur. L’apparence doit suggérer les actions possibles de la part des utilisateurs. La dimension formelle de l’écrit Web doit, pour moi, répondre à la même exigence: les contenus doivent inciter à l’action tout en indiquant les tâches possibles.

  8. William
    27 avril 2010

    Le besoin doit être comblé. Point Final!

    L’expérience utilisateur n’est que de la valeur ajoutée. Cependant une fois le besoin comblé c’est cette dernière qui dictera le choix entre une solution A versus une solution B (à des coût similaire) ou le surcoût d’une solution.

    Si la seule solution qui répond à un besoin a une interface de merde, elle sera utilisée. L’expérience utilisateur sera considérée que si il y a concurrence de solution..

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