Perte de temps, déconcentration, inefficacité, l'e-mail est très critiqué ces dernières années. Pourtant, il est incontournable comme outil de travail.
En 2011, Atos a annoncé qu'il se donnait 3 ans pour que ses salariés abandonnent définitivement l'e-mail. Leur productivité devait crever le plafond, et les échanges professionnels se moderniser. L'échéance approche, mais le groupe français semble avoir modéré ses ardeurs...
L'e-mail en entreprise est un mauvais outil de travail
15 % seulement des courriels reçus dans l'entreprise sont utiles selon Philippe Mareine, secrétaire général d'Atos, le reste"empiète sur la vie privée". D'une manière générale, l'outil "ne correspond plus aux manières de travailler des jeunes générations".
[pullquote]"L'e-mail n'est plus assez coopératif, plus assez ouvert, plus assez transparent" et a développé "beaucoup de mauvaises habitudes."[/pullquote]
Fort de son constat, Atos a annoncé en 2011 qu'il aurait supprimé l'e-mail en interne pour début 2014. L'e-mail, cet outil de communication si simple qu'il s'est rendu absolument indispensable en à peine quelques années. Est-il devenu un poison?
- une perte de temps - 28% de son temps de travail: l'employé d'un bureau le passe à lire, écrire et trier ses dizaines voire centaines d'e-mails journaliers, selon une étude du cabinet américain McKinsey.
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une usine à spam - outes les boîtes de réception contiennent leur millier d'e-mails non-lus qui traînent, des infos qui s'empilent et se perdent au milieu de choses sans intérêt, et des e-mailings qui tombent tous les quarts d'heure.
- un problème de gestion de projet - "Cela n'est plus assez coopératif, plus assez ouvert, plus assez transparent", et ça a engendré "beaucoup de mauvaises habitudes"(Luis Suarez , chargé de promouvoir "l'entreprise 2.0" chez IBM, qui n'utilise presque plus d'e-mails depuis plus de 5 ans).
Inventer le remplaçant de l'e-mail, en faire un avantage concurrentiel
Quelle est l'idée d'Atos avec son programme "Zéro Email" et sa plateforme de réseau social interne BlueKiwi, qui serait comparable à un profil Facebook? Clairemment, s'inspirer du modèle des réseaux sociaux.
D'autres entreprises font le même constat. La mise en place d'outils collaboratifs et de plateformes communautaires permet de partager et de garder une trace des idées qui naissent sur des sujets. Des bénéfices en termes d'innovation donc, mais aussi pour la fluidité des échanges et l'amélioration de l'environnement de travail. En quelques mots, le système serait plus agréable pour l'employé, plus efficace pour l'entreprise.
Organisation du travail: impossible de faire une croix sur l'e-mail?
Reste qu'entre 2011 et 2014, Atos semble avoir mis un frein à ses velléités "mailicides". Ainsi, dans Le Monde en avril 2013, Philippe Mareine a déclaré qu'il n'a jamais été question de "supprimer l'e-mail".
Les limites de l'expérience sont flagrantes pour certains. "Cela ne peut se faire qu'au niveau interne (d'une entreprise) car vous pouvez changer le comportement des employés, mais comment vous faites avec les fournisseurs et les contacts extérieurs?", souligne Tom Reuner, analyste dans le cabinet de conseils britannique Ovum.
Pour ceux qui ne partagent pas l'idée d'Atos, il est donc simplement impossible de faire une croix sur l'e-mail. L'idée d'abolir l'e-mail au travail a le mérite de lancer un pavé dans la mare mais l'objectif serait plutôt de rationaliser son utilisation. En somme, l'e-mail n'a rien d'idéal mais il est tellement indispensable qu'il résiste aux modèles qui veulent le remplacer.
Vous imaginez travailler sans e-mail? Vous le faites déjà? Des outils à proposer?