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La médiologie s’intéresse à l’homme qui transmet plus qu’à l’homme qui communique. Une dimension importante à intégrer dans votre contrat de lecture.

La médiologie est bien plus qu’une discipline. C’est une méthode. Qui vise à mettre en évidence les interactions entre technique et culture. Elle s’intéresse aux médiations, c’est-à-dire aux moyens humains, techniques et institutionnels qui font que les idées deviennent de véritables «forces matérielles», aptes à mobiliser des hommes en leur nom.

En d’autres mots, la médiologie ne nous invite pas à nous demander ce qu’il faut penser d’un média, mais ce que ce média fait penser aux autres. Plus encore, il faut voir ce que suscite le média comme pensée agissante: en quoi le média fait faire au lecteur, au consommateur.

De l’expérience éditoriale au partage de l’émotion

Exactement ce à quoi les annonceurs doivent penser quand ils mettent en place une stratégie de marketing de contenu: qu’est-ce que mon blog, ma newsletter, mon e-zine doit faire faire aux lecteurs. Une réponse, à tout le moins: mon blog, ma newsletter, mon e-zine doit donner l’envie de transmettre l’émotion qu’a suscité l’information reçue.

La médiologie ne nous invite pas à nous demander ce qu’il faut penser d’un média, mais ce que ce média fait penser aux autres.

Tout d’abord, Debray dit « Et si le fait même de s’exprimer en général et sans sujet singulier, de s’adresser à tous, urbi et orbi, sans personne à la clef, ni lieu ni date, était le renoncement fuyant à l’œuvre […] qui aurait pu naître si la théorie avait gardé « la force de s’astreindre à faire passer une impression par tous les états successifs qui aboutissent à sa fixation, à l’expression. » [Histoire des 4 M, R. Debray]

J’ai repêché quelques citations dans des articles sur la médiologie. Ces phrases devraient nous aider à ficeler le contrat de lecture qu’on propose à nos lecteurs, en y ajoutant cette dimension de transmission, de partage. Au fond, aujourd’hui, tout annonceur s’adresse à une communauté, et non à l’individu seul.

  • La médiologie s’intéresse à « l’homme qui transmet » (= qui transporte un message à travers le temps), plus qu’à « l’homme qui communique « .
  • Les animaux communiquent, ils ne transmettent pas (ils connaissent le message par signal, non l’héritage cumulatif des traces). La transmission non biologique, artificielle, de caractères acquis est l’apanage de la culture humaine.
  • La transmission culturelle entre les hommes passe par des moyens techniques, mais ce ne sont pas seulement ces moyens techniques qui la rendent possible.
  • Ce qui fonde l’humanité, c’est la capacité de l’homme à externaliser certaines de ses fonctions dans des objets qui durent plus longtemps que lui, permettant ainsi la transmission d’une culture, et l’accumulation des connaissances.
  • Avec l’explosion du numérique, on peut ainsi prévoir une « babélisation accrue de l’espace social » (plus de programme ou de textes largement dispensés à tous, mais des services interactifs adaptés à chacun), et l’affirmation d’un nouvel individualisme… social (c’est moi qui ajoute).

Petits mantras pour votre stratégie éditoriale

Que ces assertions puissent être vos petits mantras, et vous aider, tout au long de vos stratégies éditoriales, à garder le cap: surtout, donnez.

Ne vous contentez pas de communiquer, mais transmettez et concentrez-vous sur le pouvoir de transmission des messages que vous transmettez. Et partagez ce modeste billet qui invite au partage. :-)


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