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Éditeurs Web, votre heure de gloire est (enfin, peut-être) arrivée. Peu à peu les annonceurs s’en rendent compte: le Web est un média de publication à part entière, qu’il convient de mettre dans les mains de véritables éditeurs.

« La première ère d’Internet a donné la primeur aux techniciens. Puis on a vu arriver les rédacteurs. Il manque encore les éditeurs » écrivait Joël Ronez en 2007 pour introduire son excellent ouvrage sur l’écrit Web. Qu’en est-il aujourd’hui? Éditeur Web, un métier d’avenir ? Éléments de réponse.

Trois ans après l’appel formulé par Joël, les éditeurs imposent laborieusement leur place dans les projets Web. Cependant, ils restent encore sous-représentés alors que, depuis les débuts d’Internet, la publication en ligne devrait être leur chasse gardée.

Qu’est-ce qui différencie l’éditeur Web (également appelé édimestre, éditeur conseil ou conseiller éditorial) du rédacteur? Pourquoi le rôle de l’éditeur Web est-il devenu capital dans la production de contenus en ligne? Les rédacteurs Web seraient-ils une espèce en voie de disparition?

Écrire pour le Web, c’est toujours réécrire

Fournir du contenu pour un média en ligne revient toujours à faire un travail de réécriture. Parce que l’information brute provient de 3 sources possibles :

  • un texte « propriétaire » créé en interne ou par un prestataire extérieur,
  • du contenu créé par les utilisateurs (témoignages, articles, commentaires, interviews, etc.),
  • du contenu provenant de sites tiers (vive la syndication!).

Le matériau source provient donc d’un autre support (autre mise en page, autres contraintes rédactionnelles ou techniques) et/ou d’un autre média (autre ligne éditoriale, autres objectifs de communication, …) et s’adressait, vraisemblablement, à d’autres cibles, peut-être plus larges.

Comme au cinéma

Il faut donc réécrire les textes en tenant compte des contraintes et possibilités du nouveau format éditorial et des besoins des cœurs  de cible.

Cette réécriture – qu’on appelle édition dès lors qu’on reconnaît traiter un média de publication – ne se limite pas à créer des titres informatifs, supprimer un mot sur deux (et tous les adverbes, ou tous les doubles adjectifs), mettre du gras dans ses paragraphes, entre autres conseils prodigués aux rédacteurs Web.

Transformer un produit d’information pour un support, un média, une audience spécifiques exige davantage qu’un travail d’écriture (d’autant que les contenus ne sont pas que textuels – ils le sont même de moins en moins). Donc soit, le rédacteur prend en charge une palette d’autres tâches, soit il travaille en binôme avec un éditeur, qui va l’aider à adapter le matériau source.

Car s’agit d’adapter le contenu comme on adapte un livre au cinéma ou à la scène. Cela suppose la collecte et l’assimilation des contenus sources, l’écriture proprement dite, l’optimisation des textes pour les moteurs de recherche, l’édition et le contrôle qualitatif, la révision et la relecture, la production des métadonnées, le formatage, l’archivage, la customisation du CMS (Content Management System ou Système de gestion de contenus), le maillage hypertexte, …

Les 10 devoirs de l’éditeur Web

Pour garantir la lisibilité, la visibilité, l’utilité et l’utilisabilté de ses contenus, l’éditeur Web est nécessairement multi-tâches puisqu’il doit veiller, tout à la fois, à:

  1. adapter le contenu à ses lecteurs,
  2. intégrer les messages clés,
  3. pousser le langage à l’essentiel,
  4. optimiser le texte pour la perception à l’écran (relief, aides à la lecture, pyramide inversée, aération de la page…),
  5. optimiser la compréhension du texte (traduire le jargon, utiliser les référents lexicaux des audiences, soigner les intitulés, réécrire les chapô et les titres pour qu’ils informent et incitent à la lecture),
  6. assurer la correction du contenu,
  7. travailler sur la longueur de la page (diviser le texte en blocs, prévoir des ancres pour les pages longues, insérer des tableaux pour les textes de comparaison et les contenus techniques ou les instructions),
  8. hiérarchiser l’information (exploiter les titres et intertitres, les encadrés et chandelles, etc.),
  9. prévoir les métadonnées nécessaires (en respectant le thésaurus en place),
  10. assurer la visibilité du contenu (sur le Web en général, sur les moteurs de recherche en particulier).

Rien de tel que de vrais témoignages pour percevoir toute la dimension de ce métier passionnant. Si le cœur vous en dit, partagez avec nous votre pratique au quotidien de l’édition Web.

  • Comment êtes-vous entré dans le métier ?
  • Quelles sont vos principales qualités professionnelles en tant qu’éditeur Web ?
  • A quoi ressemble un projet type ?

Racontez-vous. Racontez-nous !

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Commentaires

  1. EdWeb dit :

    Je suis edweb… et je ne me sens pas du tout comme le maillon fort, plutôt comme la 1.000è roue du carrosse…

  2. @edweb: c’est bien pour cela que je commets des billets comme celui-ci. Pour faire entendre notre voix et défendre notre rôle capital. Faites passer le message.Éduquez vos clients. Fixez-vous des indicateurs de performance et montrez aux annonceurs les retours sur investissement d’un vrai travail éditorial.

  3. Poinçon dit :

    Pourtant, l’avenir du SEO, c’est bien le contenu: edweb, tu as de beaux jours devant toi

  4. Anonyme dit :

    Bonjour, Cet article devrait être le fer de lance de cet activité passionnante de l’édition web.

    Avec un bagage et une expérience professionnelle considérable, l’offre d’emploi a tellement été bouleversé que je n’ai pas retrouvé de job correspondant.

    Cela fait maintenant 6 mois que j’ai décidé à devenir et être éditeur web et c’est une décision dont je ravi, fier mais surtout heureux car elle me permet d’être un créateur de richesse plutôt qu’un employé lambda.

    J’ai commencé à gagner de l’argent et j’ai fais mes premier cachets mais ne vis pas encore de cette activité. Cela demande du travail mais j’ai l’intuition que le métier d’éditeur web sera dans les année à venir un métier de référence et incontournable pour les entreprises qui souhaite avoir une réelle visibilité sur le web.

    Merci pour cet article

    Steve Etherington

  5. J’ai créé mon premier site d’édition de contenu en 2000 et il s’appelait http://www.cyber-redaction.com
    A cette époque, je me suis rapidement créé une clientèle car les chefs d’entreprises n’avaient aucune idée de ce que devait contenir leurs sites internet et les premiers webmaster étaient des techniciens purs et durs de la programmation et ne s’y entendaient guère davantage.
    La qualité des contenus a évolué et l’usage du SMS a un peu changé la donne, au cours des dernières années. Mais l’usage des réseaux sociaux remet les « pendules à l’heure » ! Tout le monde écrit mal, tout le monde fait des fautes et, par conséquent, le professionnalisme d’une entreprise se juge à son aptitude à communiquer correctement, à soigner orthographe et syntaxe tant dans son contenu web que dans les post de Facebook et twitt. La tendance est également au multilinguisme, même en France.
    Les content editors actuels ont un avenir certain mais la spécialisation est aujourd’hui la clé de leur réussite. Plus on se positionne dans une niche et plus on a de chances de se faire une place. Même si on sait qu’un bon rédacteur est capable d’écrire un peu de tout sur tout… mieux vaut se centrer sur un maximum de 3 domaines et les maîtriser parfaitement (ou tout au moins le faire croire)
    J’ai été Ecrivain Public à Paris il y a une trentaine d’années et finalement, c’est le même métier que je pratique aujourd’hui sur le web: contenu sur mesure, réactivité, actualité. Mon petit plus restant ma capacité à rédiger en 3 langues au quotidien.

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