Utilisabilité et design web: une question de beau sens

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Utilisabilité et ergonomie sont essentiels à l’expérience utilisateur sur le web. Mais le design aussi a son importance: c’est lui qui suscite l’adhésion.

(Ré)concilier experts en utilisabilité et créatifs du design peut s’avérer un pari difficile. Souvent, ils se tapent sur les nerfs mutuellement: les experts en utilisabilité trouvent les graphistes trop « touchys » et les graphistes trouvent les experts en utilisabilité trop « bruts ». Sans création graphique, vous n’avez qu’un plan ; et sans plan, vous n’avez aucune idée de la direction dans laquelle vous allez.

À utilisabilité égale, le design web fait pencher la balance

L’article de Cloninger n’a pas pris une ride. Toute misogynie mise à part, le contenu de sa célèbre tribune intitulée « Usability experts are from Mars, graphic designers are from Venus » (2000) reste un vrai manifeste en faveur d’un compromis efficace entre utilisabilité et design web.

La qualité d’une interface dépend presque exclusivement de ses fonctionnalités d’utilisation. C’est le cœur même d’une démarche utilisateur. Souvent, on considère le design de façon accessoire histoire de ne pas se compliquer la vie et de rester concentrer sur l’essentiel: l’utilisateur doit pouvoir trouver rapidement et facilement ce qu’il cherche. Bien souvent, la recherche esthétique peut même entraver le processus.

À utilisabilité égale, le « look and feel » d’une interface est déterminante. Elle est chargée de valeurs qui donnent du sens à l’usage. Elle influence directement la perception de l’utilisateur.

Mais mettre totalement de côté le design, c’est aussi passer à côté de son sujet. À utilisabilité égale, comme le précise Siècle Digital, le « look and feel » d’une interface est déterminante. Elle est chargée de valeurs qui donnent du sens à l’usage. Elle influence directement la perception de l’utilisateur. Elle suscite son adhésion au produit.

Utilisabilité et affects: « aesthetics matter »

Qu’est-ce qu’un bon compromis? Premièrement, ne pas avoir recours aux éléments de design dits « gratuits ». C’est-à-dire à l’Art pour l’Art. Même s’ils peuvent plaire à certains esthètes, ils n’apporteront pas de réelle valeur ajoutée à votre interface web.

Deuxièmement, rester objectif. Non, l’esthétique n’est pas qu’une question de goût. Comme les gourous de l’utilisabilité, les graphistes travaillent eux aussi selon des critères très stricts de qualité et composent avec certains consensus culturels: théorie des couleurs, règle des tiers, chemins visuels, zones de repos, etc.

Troisièmement, penser en termes d’impact cognitif positif sur l’utilisateur. Pour cela, il est également utile de travailler sur ses affects. Un mauvais design web génère de la frustration ou un sentiment désagréable qui peut entrer en interférence avec la cognition et donc avec la capacité à traiter l’information. Sans compter sur le fait qu’il peut aussi complètement discréditer un produit ou un service!

La satisfaction globale de l’utilisateur est un critère d’utilisabilité en tant que tel. Et le design web, un moyen complémentaire pour y arriver. On dit souvent que la première impression est la bonne: sur le web, l’adage fonctionne aussi.


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