Le web bouscule la ponctuation

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Disparition de certains signes de ponctuation, sur-utilisation des autres, triplement ou quadruplement des signes. Le web pomme-t-il la ponctuation?

Observons 3 tendances qui creusent ce constat: la ponctuation forte écrase la ponctuation intermédiaire, l’évolution de notre rapport à la ponctuation, des usages pour relativiser.

Les signes de la «ponctuation intermédiaire» sont considérés par l’internaute, surtout mobile, comme des «ralentisseurs».

Et proposons une explication: plutôt que de dénoncer l’assassinat de la ponctuation, il faut témoigner de son évolution.

La ponctuation forte écrase la ponctuation modérée

Le constat est là: sur le web, les ! et les ? remplacent les () et les ;. Pourquoi?

Parce que les messages sont de plus en plus courts et directs.

Voici la liste des dominants dans le monde de la ponctuation connectée:

  • point d’interrogation
  • point d’exclamation
  • points de suspension
  • guillemets

Les dominés sont sans conteste les parenthèses, le point virgule et les deux points.

Les nouveaux supports, ou comment le rapport à la ponctuation a évolué

L’explication de cette modification des usages, c’est l’émergence de nouveaux supports.

Depuis l’époque où les emails ont remplacé les lettres, le phénomène s’est accentué. Pour toujours plus de rapidité et plus de concision. Citons WhatsApp, Twitter, les bannières pub (sur les vidéos YouTube par exemple)…

Le phénomène de l’influence des supports sur l’écriture n’est pas nouveau. Rappelons-nous au XIXᵉ le rôle du télégramme dans l’utilisation d’une ponctuation millimétrée, lorsqu’on payait son message au caractère.

La ponctuation intermédiaire écrasée par la ponctuation forte?

La ponctuation qui introduit une relation logique intermédiaire a «tendance à disparaître en raison de la brièveté, voire du caractère basique de l’information délivrée», explique Gilles Guilleron, dans un excellent article d’Atlantico. Il développe: « Le sous-emploi et/ou le mauvais usage des deux points et du point-virgule peuvent être le symptôme d’une pensée qui ne fonctionne plus que par «flash», sans créer des relations logiques entre les faits, les idées… ».

En fait, les signes de cette «ponctuation intermédiaire», comme on pourrait l’appeler, sont considérés par l’internaute, surtout mobile, comme des «ralentisseurs». Le terme est très juste: ces signes permettent le développement, la précision, l’énumération, la digression. Autant de besoins qui ont perdu de leur valeur au profit de la vitesse, du raccourci, de l’immédiateté.

Côté usagers, les jeunes sont ciblés. Ce sont les plus sensibles à la vitesse et les plus rapides à adopter les supports pré-cités à leur sortie. Et aussi ceux qui ont cette tendance exaspérante pour certains à démultiplier: triple point d’interrogation et quadruple point d’exclamation.

Ceci étant, on doit se garder de dire qu’ils tuent la ponctuation puisqu’en fait, ils en préfèrent une partie à une autre. Nous ne sommes tout de même pas près de retourner à l’Antiquité, lorsque la ponctuation n’existait pas.

D’ailleurs, il y a aussi des inventions: le smiley en premier. Qu’on l’utilise ou pas, il faut reconnaître qu’il s’agit d’une forme de ponctuation. Un signe qui apporte à une phrase le complément de sens qui permet au lecteur de comprendre la totalité du message du rédacteur. Tout comme le triplement ou le quadruplement permet de montrer l’intensité et de personnaliser son message. La BD l’a fait en premier.

Si l’un d’entre vous veut faire des prédictions sur l’usage de la ponctuation dans 10 ans dans les commentaires, ma curiosité l’y encourage fortement!!!

sources: gratisography.com

 


Commentaires

  1. Une belle analyse, qui met en évidence blé changement de paradigme qu’implique le web. De l’oral à l’écrit, du rouleau au livre… Il faut envisager le web dans toute sa singularité.

  2. Avatar Philippe dit :

    bon article en effet, à un point près > les points de suspension. Signe de sècheresse de style, il faudrait les supprimer tant sur le web que sur le print. Ou les ‘suspendre’.

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