Curation de contenus: le « curator », nouvelle bête noire du web?

Création ou curation de contenus, le web en est-il réduit à de l’éternel plagiat ? Tour d’horizon de la question…

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Création ou curation de contenus, le web en est-il réduit à de l’éternel plagiat ? Tour d’horizon de la question…

Depuis 2011 le « curator », sorte de Terminator 2.0, agite la toile et donne des maux de tête aux rédacteurs web. On n’écrit plus, s’indignent les puristes, on se contente de récupérer le contenu produit par d’autres et de le partager. Pendant négatif de la pollinisation éditoriale, la curation de contenus contaminerait la toile au détriment de la création…

Création, curation: duo ou duel?

La création n’existe plus, l’art d’écrire disparaît et, en somme, les traditions se perdent. Le « curator » signerait l’arrêt de mort de l’écriture web.

Création vs curation, n’est-on pas confrontés à une opposition vide de sens? Car l’une ne va pas sans l’autre et sans création de contenus, le « curator » peut bien curationner tant qu’il veut, cela n’avance à rien.

Non, sur le web on n’arrête pas d’écrire pour se contenter de relayer. Création et curation sont deux pratiques qui se nourrissent l’une l’autre: la première fournit la matière, la deuxième relaie, interprète, met en valeur.

N’est pas « curator » qui veut

Gardons-nous de juger à l’emporte pièce. La curation de contenus (la vraie) ne se contente pas de relayer. Elle diffuse avant tout du contenu à valeur ajoutée. D’abord parce que le « curator » ne se contente pas de partager. Il s’adonne à tout un travail de tri, de sélection et d’éditorialisation des contenus. Le « curator », c’est un peu le rédacteur en chef version 2.0.

En somme, vous tweetez, vous partagez ? Très bien. Cela ne fait pas pour autant de vous un « curator ». La curation est une réelle pratique qui implique des outils spécifiques et une expertise sur un sujet donné.

De l’origine de la curation

Malgré la puissance des outils mis aujourd’hui à notre disposition, les moteurs de recherche ne suffisent plus à combler les attentes des utilisateurs. Que Google remballe ses algorithmes et autres geekeries, on n’est jamais mieux servi que par soi-même.

C’est dans l’humain que réside le réel intérêt de la curation en tant que transmission d’une subjectivité. On y cherche un point de vue,une sensibilité liée à une thématique donnée et qui se ressent dans la sélection de l’information, sa mise en valeur, son traitement.

« Curators » en herbe,voici la recette du succès: pour être réussie votre publication doit être:

  • Régulière pour entretenir l’attention et l’intérêt de votre cible,
  • Utile, car relayer l’information ne suffit pas, il faut apporter une valeur ajoutée: donner votre point de vue, souligner l’intérêt du contenu, commenter…
  • Orientée: la curation traduit un positionnement, une subjectivité et cela doit se ressentir dans le choix et la présentation des informations,
  • Qualifiée et fiable, la règle d’or: toujours vérifier et citer votre source!

La curation de contenus, késako?

Du plagiat, vous diront certains. L’art de mettre en valeur l’information, vous répondront les autres. Alors qu’en est-il réellement?

Si l’on se réfère à l’origine du terme, la curation dans sa version 2.0 consiste à collectionner, agencer et partager des contenus jugés intéressants autour d’une thématique donnée. Le « curator » n’a finalement pas besoin de créer du contenu, il se contente de contextualiser celui qu’il collecte…

Inspirée du terme anglais « curator », il s’agit en réalité d’une pratique vieille comme le monde (ou presque) qui consiste à assurer la sauvegarde et la transmission d’un héritage culturel. Les figures les plus représentatives de cette pratique sont le conservateur de musée ou encore le bibliothécaire. On n’oserait pas taxer le bibliothécaire de plagiat. Mais ramenée au web, la chose se complique…

Et vous, création ou curation de contenus, quelle est votre pratique favorite ?

Sources
- Qu’est-ce que la curation ?
- La curation, plagiat ou recherche intellectuelle ?

 

 

 

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A propos de Jessica Dooryhée

Littéraire dans l'âme et après m'être fascinée pour la littérature médiévale, je me suis finalement tournée vers des techniques de communication plus...modernes. Et j'y suis devenue accro! Passionnée par la e-communication et désormais (presque) convaincue que les chevaliers ne sauveront pas le monde, je m'intéresse au marketing éditorial et à la production de contenu(s) dans le cadre d'une stratégie de marque.

Sur le sujet, avez-vous lu...

13 Responses to Curation de contenus: le « curator », nouvelle bête noire du web?

  1. […] "Inspirée du terme anglais « curator », il s’agit en réalité d’une pratique vieille comme le monde (ou presque) qui consiste à assurer la sauvegarde et la transmission d’un héritage culturel. Les figures les plus représentatives de cette pratique sont le conservateur de musée ou encore le bibliothécaire. On n’oserait pas taxer le bibliothécaire de plagiat. Mais ramenée au web, la chose se complique… "  […]

  2. serge esteves dit :

    Comme tu le dis à la fin, pour moi la curation consiste avant tout à filtrer, sélectionner, organiser, structurer et même recouper l’information afin de créer du contenu original et engageant.

    Donc, création ou curation? ma réponse c’est ni l’un ni l’autre, mais les deux à la fois. Lorsqu’on crée, on se réfère toujours à quelquechose, que ce soit des souvenirs, notre expérience, … c’est en soi des formes de curation.

    Après il faut pas se tromper, quelqu’un qui reprend simplement un article, juste en le traduisant, sans apporter de valeur ajoutée, c’est pas de la curation, mais réellement du plagiat.

    Un point sur lequel je te rejoins pas, la curation se base pas forcément uniquement sur un article, mais peux trouver toute sa valeur ajoutée dans le recoupement de plusieurs informations afin d’en faire qu’une seule, qui sera pour le coup vraiment originale et pertinente.

    • Merci pour ce commentaire ! Le dernier point que tu évoques mérite effectivement d’être souligné : recouper une sélection d’informations relève de la composition, qui est également une forme de création. On rejoint encore une fois la frontière où les deux notions se fondent…

  3. […] Création ou curation de contenus, le web en est-il réduit à de l’éternel plagiat ?  […]

  4. […] Création ou curation de contenus, le web en est-il réduit à de l’éternel plagiat ? Tour d’horizon de la question…Depuis 2011 le « curator », sorte de Terminator 2.0, agite la toile et donne des maux de tête aux rédacteurs web. On n’écrit plus, s’indignent les puristes, on se contente de récupérer le contenu produit par d’autres et de le partager. Pendant négatif de la pollinisation éditoriale, la curation de contenus contaminerait la toile au détriment de la création…Création, curation: duo ou duel?La création n’existe plus, l’art d’écrire disparaît et, en somme, les traditions se perdent. Le « curator » signerait l’arrêt de mort de l’écriture web.Création vs curation, n’est-on pas confrontés à une opposition vide de sens? Car l’une ne va pas sans l’autre et sans création de contenus, le « curator » peut bien curationner tant qu’il veut, cela n’avance à rien.Non, sur le web on n’arrête pas d’écrire pour se contenter de relayer. Création et curation sont deux pratiques qui se nourrissent l’une l’autre: la première fournit la matière, la deuxième relaie, interprète, met en valeur.N’est pas « curator » qui veutGardons-nous de juger à l’emporte pièce. La curation de contenus (la vraie) ne se contente pas de relayer. Elle diffuse avant tout du contenu à valeur ajoutée. D’abord parce que le « curator » ne se contente pas de partager. Il s’adonne à tout un travail de tri, de sélection et d’éditorialisation des contenus. Le « curator », c’est un peu le rédacteur en chef version 2.0.En somme, vous tweetez, vous partagez ? Très bien. Cela ne fait pas pour autant de vous un « curator ». La curation est une réelle pratique qui implique des outils spécifiques et une expertise sur un sujet donné.De l’origine de la curationMalgré la puissance des outils mis aujourd’hui à notre disposition, les moteurs de recherche ne suffisent plus à combler les attentes des utilisateurs. Que Google remballe ses algorithmes et autres geekeries, on n’est jamais mieux servi que par soi-même.C’est dans l’humain que réside le réel intérêt de la curation en tant que transmission d’une subjectivité. On y cherche un point de vue,une sensibilité liée à une thématique donnée et qui se ressent dans la sélection de l’information, sa mise en valeur, son traitement.« Curators » en herbe,voici la recette du succès: pour être réussie votre publication doit être:Régulière pour entretenir l’attention et l’intérêt de votre cible,Utile, car relayer l’information ne suffit pas, il faut apporter une valeur ajoutée: donner votre point de vue, souligner l’intérêt du contenu, commenter…Orientée: la curation traduit un positionnement, une subjectivité et cela doit se ressentir dans le choix et la présentation des informations,Qualifiée et fiable, la règle d’or: toujours vérifier et citer votre source!La curation de contenus, késako?Du plagiat, vous diront certains. L’art de mettre en valeur l’information, vous répondront les autres. Alors qu’en est-il réellement?Si l’on se réfère à l’origine du terme, la curation dans sa version 2.0 consiste à collectionner, agencer et partager des contenus jugés intéressants autour d’une thématique donnée. Le « curator » n’a finalement pas besoin de créer du contenu, il se contente de contextualiser celui qu’il collecte…Inspirée du terme anglais « curator », il s’agit en réalité d’une pratique vieille comme le monde (ou presque) qui consiste à assurer la sauvegarde et la transmission d’un héritage culturel. Les figures les plus représentatives de cette pratique sont le conservateur de musée ou encore le bibliothécaire. On n’oserait pas taxer le bibliothécaire de plagiat. Mais ramenée au web, la chose se complique…Et vous, création ou curation de contenus, quelle est votre pratique favorite ?Sourceshttp://www.ecrirepourleweb.com/curation-de-contenus-le-curator-nouvelle-bete-noire-du-web/  […]

  5. […] Création ou curation de contenus, le web en est-il réduit à de l’éternel plagiat ?  […]

  6. GC FAURE dit :

    Curation is for Creation!
    posté en anglais sur http://www.scoop.it/t/okcc-c3o
    February 2, 10:16 AM

    Aucune opposition entre curation et création en recherche scientifique et médicale!
    au contraire un continuum
    Les chercheurs créent « sur les épaules de géants »
    Il faut faire de la curation pour créer, pour inventer
    parce qu’il faut d’abord apprendre et apprendre des autres
    de plus en plus de recherche est produite, de résultats publiés, dans les journaux scientifiques, en open source ou en littérature grise…

    « there’s a whole world of cool stuff out there just waiting for discovery! » thks Gwyneth Jones

    Pour créer quelque chose de nouveau et d’original, il faut lire ce que les autres ont fait avant vous
    d’abord pour trouver son sujet et le méthodes à employer pour aborder le problème
    pour suivre ce qui sort pendant la durée de la recherche

    « You and your readers get to stay on the cutting edge of the knowledge in your field. » Thks Karen Dietz

    La Curation est incontournable pour les chercheurs, les enseignants et les étudiants…
    … pour apprendre, générer des idées nouvelles!

    Avant, on faisait des photocopies qu’on entassait dans des boites
    Maintenant, on peut se constituer des bases de données spécifiques pour soi même, ses étudiants dans le cloud, collaborer et échanger à distance
    « You get to form relationships with other influencers in your field, or connected to your field, which widens your influence and reach. » Thks Karen Dietz

    et avec scoop.it particulièrement, retrouver facilement ce qu’on avait trouvé quelques mois plus tôt.

    La curation, un merveilleux outil de création!

  7. […] Création ou curation de contenus, le web en est-il réduit à de l’éternel plagiat ? Tour d’horizon de la question…Depuis 2011 le « curator », sorte de Terminator 2.0, agite la toile et donne des maux de tête aux rédacteurs web. On n’écrit plus, s’indignent les puristes, on se contente de récupérer le contenu produit par d’autres et de le partager. Pendant négatif de la pollinisation éditoriale, la curation de contenus contaminerait la toile au détriment de la création…Création, curation: duo ou duel?La création n’existe plus, l’art d’écrire disparaît et, en somme, les traditions se perdent. Le « curator » signerait l’arrêt de mort de l’écriture web.Création vs curation, n’est-on pas confrontés à une opposition vide de sens? Car l’une ne va pas sans l’autre et sans création de contenus, le « curator » peut bien curationner tant qu’il veut, cela n’avance à rien.Non, sur le web on n’arrête pas d’écrire pour se contenter de relayer. Création et curation sont deux pratiques qui se nourrissent l’une l’autre: la première fournit la matière, la deuxième relaie, interprète, met en valeur.N’est pas « curator » qui veut- See more at: http://www.ecrirepourleweb.com/curation-de-contenus-le-curator-nouvelle-bete-noire-du-web/#sthash.IUjJbF98.dpuf  […]

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  10. […] le traitement ou encore la diffusion… A ce sujet elle se rapproche du terme de curation, qui décrit le fait de créer du contenu en rassemblant, en amalgamant et en partageant du […]

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