Le syndrome du double espace est un phénomène bien connu du blogueur lorsqu'il retravaille son texte. Il ne le voit pas, son lecteur, lui, ne voit que ça.

Les symptômes, les traitements recommandés et l'avis de spécialistes américains sur la question: tout pour comprendre et guérir de cette maladie. 

Quand se manifeste le syndrome du double espace?

[pullquote]Si vous avez une très grande pause -un grand trou- au milieu d'une ligne, le lecteur s'arrête. Et vous ne voulez pas que les gens s'arrêtent tout le temps. Vous voulez que le texte coule. David Jury, auteur de About face: reviving the rules of typography.[/pullquote]

Pour moi,le double espace apparaît dans 3 cas de figure. Voici lesquels:

  1. Suite à une faute de frappe. Évidemment.
  2. Quand on retravaille son texte. Après un 1er jet vous fignolez la mise en forme de vos idées: vous supprimez un passage (adjectif, proposition relative, phrase ou paragraphe entier) et c’est là, en coupant ou en collant un morceau que vous laissez un double espace malheureux. C’est le cas le plus fréquent et le plus vicieux.
  3. De façon délibérée. C’est un vilain cas particulier sur lequel on reviendra dans le 3ᵉ paragraphe.

Soigner: une affaire de relecture

Croyez-le, le syndrôme du double espace est un double problème de relecture. Je m’explique.

Il survient lorsqu’on remanie son texte en déplaçant des éléments (pour ceux qui ont raté le paragraphe 1). Donc il peut être guéri grâce à une bonne relecture. Mais en même temps, c’est ce qui en fait une maladie vicieuse: la déceler à la relecture est très ardu.

J’ai eu l’occasion d’écrire un article sur la complexité de la relecture précédemment. Voici quelques remèdes.

  • Certains éditeurs de texte ont bien compris le problème: sympas, ils font sauter votre 2e espace automatiquement. Exemple: Word, contre-exemple: Wordpress.
  • Relire son texte méthodiquement: dans le précédent article en question, je recommandais de se relire en 3 fois. La 3ᵉ relecture étant consacrée à la typographie, c’est là que vous vous battez contre le syndrome du double espace.
  • Faire relire son texte par quelqu’un d’autre. Ça n’est pas souvent possible, certes.

Illustration: la mode du double espace volontaire aux USA

Fahrad Manjoo, un auteur américian que j‘apprécie chez Slate a écrit un article divertissant sur un fléau apparemment anglo-saxon: le double espace volontaire.

Il y explique qu’il ne peut plus supporter cette pratique à laquelle il est confronté tous les jours par email notamment: ses lecteurs, ses relations professionnelles, sa femme elle-même est ce qu’il appelle une "double espaceuse", même si elle s’en défend.

Il explique aussi que la typographie est très claire sur le sujet: jamais, absolument jamais, de double espace après un point. Or il faut respecter les règles typographiques si vous voulez être lu sur internet. Pourquoi cette convention?

Désormais, avec les polices modernes, placer un double espace ne simplifie plus la lisibilité (comme c’était le cas il y a 50 ans), ça la diminue. Il cite Ilene Strizver, une spécialiste de typographie, qui parle carrément de "crime typographique" qui mérite "l’emprisonnement à vie". Je précise que cette sentence s’applique lorsque la préméditation est établie, dans le cas du syndrome je crois qu’on peut s’en tirer avec quelques années seulement.

C’est arbitraire mais c’est comme ça. C’est le principe des conventions. On fait comme les spécialistes de la publication le recommandent. David Jury, auteur de About Face: Reviving The Rules of Typography: "Si vous avez une très grande pause -un grand trou- au milieu d'une ligne, le lecteur s'arrête. Et vous ne voulez pas que les gens s'arrêtent tout le temps. Vous voulez que le texte coule."

Vous aussi vous êtes touché par le syndrome du double espace? Entrez dans mon groupe de dialogue et dites-moi comment vous combattez la maladie au quotidien.

crédits: gratisography.com